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(photo : Margaret Bourke-White, 1937)

C’est sous ce titre que le « Bulletin du Comité central du Travail industriel » fait paraître, le 15 juin 1898 (4e année, 12e fascicule, pp 429-435), un extrait d’une lettre de Georges Nesther (sic – Nestler) Tricoche.  Pour lui, « S’américaniser, pour un émigrant, n’est pas seulement perdre toute idée de retour dans sa contrée d’origine et estropier sa langue maternelle par un contact trop rude avec l’anglais.  C’est aussi se conformer aux habitudes des ouvriers américains ».

Et l’article de s’articuler sur 3 points fondamentaux : les loyers, l’alimentaire et l’habillement.  Certes, les loyers sont plus élevés que dans le « Vieux monde », mais un certain confort marque le logement.  Pour ce qui est de l’alimentation, et prenant référence sur une étude des filatures de Paterson (New-Jersey), « un des principaux griefs relevés contre les patrons était que les salaires ne permettaient pas aux ouvrières – de mettre quelque argent de côté, allez-vous dire?…non, – de « vivre en américaine ».  Parce qu’elles ne  peuvent se passer de la fantaisie de biscuits chauds à breakfast, de tartes à dîner, et doivent renoncer à assister aux matinées du samedi, ces pauvres femmes restent un-american« .

Quand bien même on augmenterait les salaires, l’auteur est certain aussi d’achats effectués en vêtements. « Et ce n’est pas un état de choses particulier aux villes.  Dans les plus petits villages, les ouvriers et cultivateurs vraiment américanisés tiennent à honneur de suivre la mode, ou ce qu’ils croient être la mode.  On ne saurait nier que, sous ce rapport, les paysans des Etats-Unis soient considérablement en avance sur ceux du vieux monde… » sans toutefois rappeler qu’il est probable que ces derniers portent sur leur dos une grande partie de leurs revenus.  De là aussi la comparaison avec les sabots et les blouses européens, « source inépuisable d’étonnement et de plaisanteries pour les Américains ».

Mais le mal semble plus profond pour l’auteur, qui n’hésite pas, avec l’accumulation de ces « habitudes de luxe chez l’ouvrier, leur influence sur le caractère des jeunes filles qu’elles rendent extrêmement exigeantes au moment de leur établissement, finiront par produire en Amérique une diminution du nombre des mariages?  Nous n’hésitons pas à répondre par l’affirmative ».  Et d’indiquer qu’un bon nombre d’hommes « sont effrayés des exigences des jeunes filles, qui… n’entendent plus travailler après leur mariage, qui, pour elles, est l’émancipation; mais c’est au mari qu’il appartient de les munir de l’argent de poche auquel elles sont accoutumées ».

De conclure, enfin, que ces débordements de la classe ouvrière n’existent pas parmi la « petite bourgeoisie » composée d’avocats, de professeurs, de négociants… vivant dans des maisons à une chambre, avec un mobilier permettant de transformer l’endroit en salon, en boudoir, ou autre « Mais, naturellement, ceci est beaucoup trop sans façon pour les ouvrières.  Tant il est vrai que sur ce terrain, comme sur les autres, l’absence d’affectation marche de pair avec une bonne éducation ».   Dont acte!

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