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(photo : puits Parent – Mont-sur-Marchienne, société de Monceau-Fontaine)

Bon nombre de photographies devant illustrer la fin de l’industrie charbonnière en Belgique ou ailleurs dans le monde sont des clichés et « la mise à mort » des chevalements.  Ces grandes structures métalliques surplombant les puits étaient l’image d’un charbonnage, les points de référence dans le paysage d’une région industrielle.

Dans son article « Progrès dans la construction des chevalements de mines (1875-1946) » (L’Ossature métallique, 1948, n°7/8),  l’Ingénieur A. Lambotte égrène ainsi l’évolution des « Belles fleurs » (1).

Vers 1875, les chevalements en bois n’atteignaient pas 20 mètres de haut et furent remplacés, dès 1884, par des structures « qui dépassent 60 mètres, et qui sont construites pour extraire, par cordée, une charge utile de 12 tonnes ».  L’évolution ne se fera pourtant pas si facilement.  Ainsi, en 1895, le siège de l’Espérance des charbonnages Espérance et Bonne-Fortune remplace son vieux chassis en bois de 14 mètres par un métallique de 22 mètres.  Ce dernier permettra une extraction de 600 tonnes par jour à une profondeur de 1000 mètres avec charge utile de 2400 kgs et cages à 4 étages.

En 1900, la société Brugeoise et Nicaise & Delcuve installe au siège du Quesnoy un chevalement de 36 mètres de haut, d’un poid total de 76 tonnes.  Quelques années plus tard, en 1930, la SA John Cockerill installera au siège de Zwartberg un chevalement de 68 mètres de haut, prévu pour une extraction à 1100 mètres et d’une charge utile de 13,2 tonnes.

Bien au-delà d’une augmentation de taille ou de sécurité due au matériau, le progrès technique des machines et l’utilisation de l’extraction par skip augmentèrent encore les rendements.  Remonter plus, plus vite, devenait possible.

L’exemple donné par Lambotte, même s’il ne cite pas le lieu, est édifiant : « [le chevalement de 26 m.] avec molettes juxtaposées et extraction par 2 skips de 10 tonnes chacun.  Extraction horaire prévue : 400 tonnes à la profondeur de 1000 mètres, vitesse maximum de 18 m/s [65 km/h]. avec pause d’environ de 14 secondes entre deux cordées » (p.6).

Ce progrès est mondial et ne touche pas seulement le secteur des charbonnages.  Ainsi, les mines de diamant de Kimberley (Arfrique du Sud) s’orne  en 1920 d’un chevalement de 30 m. pour un puits de 1100 m. de profondeur.  Aux Etats-Unis, à la même époque, la Link-Belt de Chicago a installé à la mine n°7 de la Consolidated Coal C° à Staunton une extraction par skips vers un conteneur de 650 tonnes.  Que dire alors du puits Turf de la Deep Gold Mine C° dont la profondeur atteignait 2200 mètres et de son chevalement à 6 molettes.

Comme le souligne A. Lambotte, « la hauteur des tours métalliques a passé de 25 m. en 1910, à 65 mètres en 1938, et le poids total de 300 à 1250 tonnes » (p.10).

La course folle au gigantisme ne s’arrêta pas avec la seconde Guerre mondiale, comme le démontre à souhait l’article de J. F. Van Der Haegen (2) évoquant la construction du nouveau chevalement du puits Marie-José des Charbonnages de Maurage.  Les desiderata étaient ceux-ci : extraction de 1000 tonnes nettes de charbon (soit 2000 tonnes brutes) en 1 poste de 8 heures, à une profondeur de 1450 mètres.  La grande nouveauté de ce dernier sera que la structure en acier provenant de la Société commerciale d’Ougrée (aciers Siemens-Martin) ne sera plus boulonnée mais soudée.  Jusqu’au bout de son règne, les sociétés charbonnières créeront, inventeront des monstres d’aciers.

Et comme pour les dinosaures, ils seront mis à terre et s’effaceront du paysage pour laisser une autre ère commencer.  Quelques-uns illustrent encore cette époque glorieuse; ces squelettes d’acier rappellent encore aux régions les années où ils règnaient en maître sur l’économie.

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(photo : puits du Pêchon – Couillet , société de Monceau-Fontaine)

Notes :

Les articles cités viennent d’un « recueil » de divers articles de l’Ossature métallique concernant les chevalements et ses équipements, sous le titre « les chevalements métalliques ».  L’ouvrage est accessible au centre de documentation du Bois du Cazier.

(1) – A. Lambotte – Progrès dans la construction des chevalements de mines (1875-1946).  In L’Ossature métallique, 1948, n°7/8, pp 1-13.

(2) – J.-F Van der Haegen – Nouveau chevalement au puits Marie-José des Charbonnages de Maurage.  In L’Ossature métallique, 1947, n°1, pp 15-25

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