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L’histoire de l’industrie charbonnière rapporte son lot d’accidents, souvent relayés au travers de la presse par les mêmes images des veuves attendant des nouvelles aux portes des charbonnages.  La publication de photographies mettra en avant des hommes, mineurs et ingénieurs, dont la seule fonction dans ces moments terribles, est de remonter au plus vite les survivants, ou du moins les corps. Ce travail en milieu hostile est celui des sauveteurs de mines.

Pour les aider à aller au danger, l’industrie investira massivement dans du matériel et dans des formations et aujourd’hui, Mine d’histoires vous en ouvre quelques pages.

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(photo : le camion de la station de sauvetage de Charleroi en 1933.  In « aide-mémoire… »)

Ainsi, dans l’aide-mémoire à l’usage des sauveteurs (1), on retrouve les grandes lignes à suivre en cas d’accidents.  A Charleroi, la station de sauvetage peut amener rapidement 11 personnes dans un camion (1 chauffeur et 10 sauveteurs) avec appareils et pièces de rechange pour une autonomie totale de 3 heures.  Ces mineurs sont « choisis parmi les mineurs sûrs et expérimentés, d’un sang-froid éprouvé.  Ils doivent être décidés, sobres, vigoureux et résistants » (p. 4).  Ils sont suivis par un médecin chaque année pour s’assurer s’ils sont aptes ou non à continuer ce travail.  La formation est continue et, régulièrement, des exercices  »en situation réelle » sont effectués dans les locaux de la station de sauvetage; une sorte de parcours du combattants avec tunnel enfumé, exercices physiques,…  Enfin, sur chaque site, il y a au moins un sauveteur s’entraînant seulement une fois par an et là pour servir de « guide » en cas de besoin.

La formation, autant théorique que physique, explique les compositions de l’air dans les charbonnages, ses modifications avec le grisou et ses effets, le gaz carbonique (incommodant à partir de 3% de présence dans l’air et mortel à 11%, car il provoque la perte de connaissance de la personne), et son corollaire, l’oxyde de carbone résultant des incendies et indécelables avec les lampes de mine.  Enfin, l’hydrogène sulfuré (à l’odeur d’oeuf pourri) souvent présent dans les endroits où l’eau abonde.

Présents lors d’explosions de poussières ou de grisou, dans les coups d’eau (arrivée d’eau massive dans les travaux), les dangers abondes : la chaleur des explosions et les brûlures ou l’électrocution dans un milieu humide.  Et pour contrer cela, l’expérience et le matériel du sauveteur sont primordiaux.

Ainsi, dans ce manuel de 1933 sur le sauvetage, on évoque les appareils à vent soufflé et les appareils indépendants.  Avec les premiers, le mineur porte un masque relié par un long tuyau à une pompe à air (devant être placée dans un milieu sain).  La portée du modèle va jusqu’à 75 mètres.  D’où la présence massive des appareils indépendants souvent appelés par le nom du fabricant : les draeger.  Similaires à ce qu’utilisent les plongeurs sous-marins, l’appareil se porte sur le dos et se compose d’une réserve d’air, d’un régulateur, d’un filtre et d’un embout fixé au masque du sauveteur.  L’ensemble pouvant peser plusieurs dizaines de kilos.

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(photos : appareillages utilisés pour le sauvetage.  In « aide-mémoire… »)

Enfin, en-dehors de cette formation spécifique, c’est toute une pratique des gestes qui peuvent sauver une vie que les sauveteurs apprennent, comme la respiration artificielle, l’application de pansement, à placer un corps correctement sur une civière et surtout, à le ramener correctement dans un dédale de galeries jusqu’à la surface.

« La plus grande qualité d’un sauveteur est le sang-froid [...]  il ne doit jamais s’engager seul [...]  Le sauveteur organise donc une équipe, qui marche à la file indienne, les premiers étant reliés les uns aux autres par une longue corde.  Chaque fois qu’un blessé est dégagé, le secouriste le confie à l’équipe demeurée en arrière, pour son soignage [...].  Il faut avoir soin de prévenir au plus tôt la surface pour que [les trousses de secours] arrivent sans tarder sur les lieux et soient utilisées intelligemment » (p.56).

Notes :

(1) – Aide-mémoire à l’usage des sauveteurs / Station de sauvetage de l’Industrie charbonnière des Bassins de Charleroi et de la Basse-Sambre. – S.l. : Station de sauvetage de l’Industrie charbonnière des Bassins de Charleroi et de la Basse-Sambre, 1933. – 58 p.

Post-scriptum : En 2005, le Bois du Cazier a retrouvé le camion de la centrale de sauvetage de Marcinelle dont une des premières interventions fut malheureusement celle du Bois du Cazier le 08 août 1956.  Bien que sauvé de l’oubli et de la destruction, ce camion cherche encore un nouveau souffle via une remise en état pour être exposé.  Bientôt, certainement, ce symbole de l’espoir pour les familles revivra sur le site comme un bel hommage à ces hommes de l’ombre.

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