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Les 19 et 20 avril derniers se déroulaient à Louvain-la-Neuve les 12e Journées des Archives avec cette année la thématique des « archives personnelles : enjeux, acquisitions, valorisation ».

La complexité parfois rencontrée entre archives personnelles et archives sur les personnes, l’opposition logique entre droit au savoir face à celui de l’oubli, sans oublier l’aspect juridique lié à la divulgation ou non d’informations, ont été abordés sans complexe par les orateurs.  Pourtant, et malgré parfois les difficultés rencontrées, les archives personnelles sont recherchées car elles permettent d’approcher tout à la fois la personne en elle-même, mais aussi sa « trace » volontairement ou non laissée à l’Histoire.

Il serait trop long et inutile de détailler les diverses interventions de ces deux journées, d’autant plus qu’elles feront l’objet d’une publication d’ici un an, mais permettez-nous de vous donner quelques bribes de « cas » particulièrement intéressants.

Ainsi, en abordant le sujet de « l’archivage total de soi », Jean-Daniel Zeller (dont voici le blog) évoque le lifelogging (journal de vie) de personnes, tel Gordon Bell, qui enregistre et archive toute sa vie à l’aide d’une caméra avec 1 image/25 secondes.  Ce principe d’une vie en image invite, incite et interroge surtout sur l’indexation de ce contenu comme matériau brut d’archive, mais pose aussi la question de la barrière entre voyeurisme, vie privée et étude comportementale possible.  Son cas n’est d’ailleurs pas le seul (Hasan Elahi ou Jennicam.com).  Que dire alors des Quantified self (moi quantifié), ces personnes qui mesurent divers paramètres médicaux, souvent de manière bricolée, qui tendent vers un exhibitionnisme mais aussi et surtout, qui divulguent des données fondamentalement personnelles.  Mais ces pratiques posent des questions sur le stock de données accumulées après la mort, le digital legacy ou le patrimoine numérique.  La simple question du statut légal se pose automatiquement?  A ce sujet, le conférencier renvoie le chercheur au texte de Patrick Stokes sur les fantômes des machines et des morts sur Facebook.

Dans un tout autre registre, Florence Gillet, du CEGES, aborda la question des métadonnées relatives aux archives privées.  Elle expliqua notamment le choix offert aux utilisateurs de certaines bases de données de laisser un commentaire sur des photos dont ils peuvent expliquer  l’origine ou la signification.  Mais cet apport intéressant est truffé de pièges quant aux termes utilisés (le fameux « c’est moi » sur une photo,..) et sur la pérennité de l’aide de lecteurs face aux photos aux origines inconnues.

Dirk Luyten analysa le « statut » de la vie privée et de sa Commission de protection belge, suivi en cela par Bernard Remiche, professeur de droit à l’UCL, qui envisagea non plus les fonds d’archives privées sous forme de dons ou dépôts, mais bien sous l’aspect d’un contrat, offrant à l’institution accueillante des garanties d’utilisation et de valorisation tout en respectant les demandes et volontés de la personne.

Enfin, comment ne pas indiquer brièvement les expériences menées par le Carhop sur le militantisme syndical (Christine Machiels et Florence Loriaux), le fonds original des archives de Henri Poincaré qui aborde les travaux et la vie intime de cet intellectuel français (Caroline Jullien), les archives de Paul-Henri Spaak (François Danis) ou celles d’Auguste Viatte dont François Noirjean nous dressa un intéressant portrait.

Et puis, comme l’expliqua Vincent Dujardin qui porte un intérêt particulier au « genre » biographique, les archives personnelles permettent souvent d’éviter le « lissage » de l’histoire même si elles renferment un danger d’empathie vis-à-vis de la personne étudiée.  En se posant la question de la limite à ne pas dépasser, c’est penser automatiquement aussi au droit à l’oubli.

Enfin, en guise de conclusion, la présentation de Carol Couture de l’ouvrage « A l’abri de l’oubli.  Petit guide de conservation des documents personnels et familiaux » sur base des fonds détenus par la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) éclaire par des méthodes simples et claires  la conservation de ce patrimoine intime  et fragile que doivent rester les archives personnelles.

 

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