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Tableau : « A la sortie » (1954), huile sur panneau, 104 x 70 cm.

 

 

Résumer Dubrunfaut à l’héritage qu’il nous a laissé dans l’espace public (métro, gares, réfectoires et autres endroits urbains) serait quelque peu réducteur.  Cet artiste nous a également légué une mémoire visuelle des mines, moins connue du grand public mais tout aussi captivante.

 

Pour cela dressons tout d’abord le portrait de Dubrunfaut. Né en 1920 à Denain (France), il déménage 2 ans plus tard pour Calonne, un petit village situé dans l’arrondissement de Tournai.

 

« En art il n’y a pas une voie mais des voies, des chemins multiples,

à l’image des hommes et de leurs besoins,

toujours mouvants, toujours changeants,

comme la vie qui les fait naître, se développer et mourir »

E. Dubrunfaut

 

Et des chemins, ce jeune artiste en prendra très tôt dans la vie.  A 15 ans, il commence des études de peinture à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai. Durant ce cursus,  il aura la chance de rencontrer le peintre Pierre Devos, le sculpteur Baisieux et, dans le corps professoral, monsieur De Korte et  Jean Leroy. C’est ce dernier qui le poussera à s’inspirer de ses racines pour peindre notamment « l’esprit du Nord ».  Son œuvre visitera de ce fait les potagers de sa région, le fameux « pays blanc » de calcaire, l’architecture aux allures de temples incas, l’esprit des kermesses, mais également la crise de 1932 et la misère qu’elle représentait. C’est à cette époque qu’il tissera des liens forts avec le syndicalisme ouvrier.

 

L’exposition universelle de Paris dont le sujet était « Des arts et des techniques dans la vie moderne de 1937 » sera une révélation pour lui. Grâce aux tapisseries (qui deviendront sa passion), mais également au tableau Guernica de Picasso, il sera guidé vers le muralisme dans lequel il voit une manière de mettre l’art à portée de tous. 

 

En 1938, durant la mobilisation, il se retrouve à l’abbaye de Tongerlo dans laquelle il découvre un vitrail et une mosaïque qui le bouleverseront. Ce sont des œuvres de l’artiste Charles Counhaye, un professeur enseignant à l’école d’art de la Cambre. Pour côtoyer le maître, Dubrunfaut le suivra et étudiera à ses côtés de 1940 à 1943.

 

S’ensuit l’Occupation pendant laquelle il fait partie d’un groupe participant à la conservation du patrimoine artistique en Belgique. Cette période sombre le plongera dans une profonde réflexion humaniste. Il décide, suite à cela, de mettre son art exclusivement au service du peuple.

 

Dès 1945, il lance un « Manifeste pour l’art mural » et dans cette continuité il crée avec Louis Deltour, quelques années plus tard, le groupe « Force Murale » qui se compose de jeunes peintres désirant créer une rupture avec la tradition du chevalet et retourner à l’art primitif rupestre.

 

La période de la guerre froide se caractérise, dans le domaine artistique, principalement par l’envie de transmettre un message de retour à la paix. Dubrunfaut, dans ce même esprit, mettra en premier plan la misère et le chômage dans son oeuvre.

 

Il soutiendra les mineurs en leur rendant hommage, notamment lors de la catastrophe du charbonnage Marcasse à Wasmes. En effet le 13 janvier 1953, un coup de grisou y fait 24 victimes. Lui et son ami Somville réaliseront une série de projets racontant le sauvetage des blessés, la remontée des corps et le drame général de la mine.

Peu de temps après ils s’intéresseront au site du puits Ferrand à Elouges. Dubrunfaut entamera un reportage photo en noir et blanc (en diapositives) mais portraiturera également les travailleurs. Le portrait représenté sur le tableau « A la sortie » vient probablement de ces séries d’œuvres-hommages au monde de la mine.

 

Edmond Dubrunfaut est décédé à Furnes le 13 juillet 2007 à l’âge de 87 ans en laissant derrière lui la vision d’un monde humaniste. Et nous l’en remercions.

 

Bibliographie :

  • Dubrunfaut.  Un homme, une oeuvre. – Tournai : Maison de la Culture de Tournai, 1992. – 200 p.; 30 x 21 cm
  • Edmond Dubrunfaut.  Des murs qui parlent / par Jacqueline GUISSET. – s. l. – Charleroi : Eder – Institut Jules Destrée, [1998]. – 223 p.; 29 x 23 cm
  • Edmond Dubrunfaut.  Gare de Tournai / le passage sous voies, 1986-1987.  1475 m² de céramiques et de peintures aux résines d’acryl / par N. GADENNE. – Kruishoutem : EMKA, 1988. – 84 p.; 29 x 22 cm
  • Dubrunfaut au rythme de la vie.  Dessins 1938-1980 / par Paul CASO. – Bruxelles : André De Rche, 1980. – 293 p.; 30 x 24 cm. – Comprend également un texte de Jean-Paul CRESPELLE titré : « Eloge du dessin ». – 2-8015-0060-7
  • Forces murales : un art manifeste : Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville / par Jacqueline Guisset et Camille Baillargeon. – [Wavre] : Ed. Mardaga, 2009. – 239 p.
  • Forces murales, un art manifeste : Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville / sous la direction de Jacqueline Guisset et Camille Baillargeon. – Wavre : Mardaga ; [Seraing] : IHOES, 2009. – 239 p. ; 30 cm. – ISBN 978-2-8047-0019-5. Disponible en ligne : http://books.google.be/books?id=HUx8g6jiL3gC&printsec=frontcover&dq=d…&q=dubrunfaut%20forces%20murales&f=false

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