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Antonio_iannetta

D’abord annoncée dans un article du quotidien italien  »Corriere della Serra« , relayée ensuite par certains journaux belges, la mort d’Antonio Iannetta rappelle à tous le rôle triste et central de cet ouvrier italien dans la catastrophe du 08 août 1956 au charbonnage du Bois du Cazier.

Né en 1924, Antonio Iannetta arrive en Belgique en 1952 avec un contrat de travail au Bois du Cazier de Marcinelle.  Encageur en 1956, il se charge, avec son compagnon Gaston Vausort, de placer les wagonnets pleins de charbon dans la cage pour être remontés à la surface.  Ce matin d’août 1956, le préposé de la surface  travaille avec les cages dont l’une se retrouve à l’étage -975.  Visiblement, Iannetta n’a pas prévenu qu’il utilisait cette dernière pour y placer des wagonnets.On ne saura jamais non plus si Vausort était présent à son poste à moment-là.

Vers 8h, Iannetta a un problème en encageant.  Le wagonnet plein n’a pas éjecté le wagonnet vide de la cage et les deux dépassent de moitié de la cage.  Il s’affère et cherche à dégager le vide mais à 8h 10, la cage remonte brutalement, avec les wagonnets qui dépassent.  Ils arrachent une poutre métallique qui, dans sa course, sectionne des câbles électriques à haute tension.  Un arc se produit instantanément. Le câble de téléphone est également détruit et une conduite d’huile sous pression,formant un « nuage » d’huile dans le puits.  Au contact de l’électricité, l’incendie se déclare, d’une intensité effroyable.  Iannetta s’en rend compte.  Il fuit vers l’autre puits pour remonter à la surface et prévenir les ingénieurs.  A peine arrivé, les premières fumées commencent à se voir et dans les minutes qui suivent, le second puits du Bois du Cazier sera vite impraticable à cause de ces mêmes fumées.  L’accident dégénère en une catastrophe.  275 mineurs sont au fond à ce moment.

Dans les premières heures, 13 personnes parviendront à remonter, mais la mine gardera en son sein 262 ouvriers, provenant de 12 pays différents.  La mort viendra par le dégagement intense de CO2 qui envahira les galeries le jour même.  Pourtant, pendant 13 jours, les opérations de sauvetage nourriront un vain espoir de retrouver des survivants.Mais le 21 août au soir, c’est un « tutti cadaveri » (ils sont tous morts) lâché aux quelques personnes présentes au bord du puits par des sauveteurs qui éteindra les derniers espoirs.

Quand les procès commenceront en 1959, Iannetta n’est déjà plus en Belgique depuis longtemps.  Dès mai 1956, 3 mois avant les faits, il avait demandé son émigration au Canada via la « form 55″ (une formule qui responsabilise totalement la personne déjà au Canada qui accueille l’émigrant).  Son départ se fera en octobre 1956, et personne ne demandera son retour lors des procès successifs.

En 1976, Christian Druitte, journaliste à la rtbf (télévision belge francophone), réussira à le retrouver à Toronto et à obtenir une interview avec celui « que l’on tient pour responsable de la mort de 262 personnes ».  Iannetta est en larme.  Il sait qu’il a fait une erreur, mais ce geste, il l’avait fait déjà plusieurs fois avant et sans conséquence.  Les ingénieurs, le personnel de surface, tout le monde savait et l’acceptait; mais ce jour d’août 1956, ce geste eut des conséquences lourdes.

Coupable?  Oui et non.  Mais ce qui est certain, c’est qu’il a vécu encore longtemps, jusqu’à ce 11 février 2012, avec les visages de ses amis mineurs en tête et un nom symbolisant à lui seul la plus grande catastrophe industrielle belge.

(son avis de décès)

Pour en savoir plus :

- Forti A., Joosten C. – Cazier judiciaire.  Marcinelle, chronique d’une catastrophe annoncée.  Bruxelles, Luc Pire, 2006.  281p.  ISBN : 2-87415-606-X.

Cazier_judiciaire
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