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La seconde intervention de ce colloque avait pour titre:  »Projet de reconversion du site de Makhana (Sénégal) ».  Le professeur Robert Halleux (CHST), qui a eu la chance de superviser partiellement le projet, a offert un double questionnement à l’assemblée.

Si, comme pour la Belgique, le transfert de technologie passa de la Métropole à la colonie dans le but certain d’une exploitation des matériaux et d’une « modernisation » de la société colonisée, les traces archéologiques de Makhana proviennent des stations de pompage d’eau potable pour la ville de Saint-Louis du Sénégal, distante d’une vingtaine de kilomètres; cette eau étant acheminée au travers d’une grosse conduite en fonte entre son lieu de production, la zone du Lampsar, et la grande ville côtière de Saint-Louis.

Dès le 19e siècle, le besoin en eau potable est criant. En 1880, une première adjudication obtenue par Jules Leblanc, de Paris,  permet la réalisation de la conduite et des machines et pompes; l’ensemble, d’une capacité de 1500 m³, est opérationnel en 1885.  Vers 1900, une deuxième usine verra le jour et ajoutera un apport de 2500 m³ d’eau.

Cette intensification des pompages assèchera le Lampsar et obligera le Sénégal à la construction d’un barrage dès 1946.  Devenues obsolètes, les stations initiales sont laissées à l’abandon, mais assez étonnement, très peu vandalisées de nos jours car les habitants se sentent impliqués « moralement » dans ces lieux.  Sur les illustrations présentées par Robert Halleux, et comparés aux sites plus classiquement conservés en Europe, les sites sénégalais sont en effet d’une qualité assez exceptionnelle de conservation.

Et ici se pose la question provoquante: « Faut-il faire de l’archéologie industrielle dans les Colonies?, et comment? », au regard du risque touristique.  Il ne faut en effet pas oublier que Saint-Louis du Sénégal bénéficie de nombreuses traces visibles et restaurées des heures glorieuses d’une bourgeoisie métissée, d’industries anciennes mais restaurées ou préservées en l’état, ainsi que de ce « mythe de l’aéropostale » et Mermoz,…; ce qui permettrait l’ouverture au plus grand nombre d’ un « circuit touristique » englobant Makhana.

Mais ici, comme l’indique justement l’orateur, le risque est grand de voir un « écosystème » social et écologique clairement modifié par un afflux de touristes, impliquant de nouveaux hôtels, infrastructures routières et facilités multiples de circulation; modifications profondes du paysage et de l’agriculture environnante.  Et si « La voie de la raison » semble être la visite par petit groupe et par les villageois eux-mêmes, la question de ce qu’est un « petit nombre de visiteurs » est en soi totalement problématique.  Il est aussi évident qu’une préservation par une institution internationale comme l’Unesco peut offrir des garanties de préservation, mais des exemples comme Venise ou le Machu Pichu montrent à l’envi que ces garanties ne sont pas un bouclier invincible face au tourisme de masse.

 

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