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Les Facultés Notre-Dame de la Paix (FUNDP) ont organisé une séance du groupe de contact HENRI (Histoire de l’Environnement – Réseau Interdisciplinaire) le 6 octobre dernier. Avant d’entrer dans le vif du sujet, Isabelle Parmentier, docteur en histoire de l’environnement, nous rappelle ce qu’est Henri.

L’après-midi titrée « Paysages industriels et réaffectations de sites.  Expériences belges et africaines » offrait un regard intéressant sur un continent bien souvent oublié dans ce type de réunion.  Pourtant, les histoires belge et congolaise, par exemple, sont intimement liées du simple fait de l’époque coloniale, et surtout post-coloniale.  Ce fut donc la (re-)découverte d’une histoire commune et d’un regard croisé sur le devenir de cet héritage commun.

La venue de Jacques Usungo, professeur à l’ISP de Bukavu au Congo, a mis en lumière la commune de Kamituga, ancien siège de la Minière des Grands Lacs (MGL).  Son intervention cherche à mettre en parallèle le site minier et son milieu pendant et après l’activité industrielle.  Forte d’une population estimée à 80.000 habitants, Kamituga se situe sur les hauteurs d’un plateau, entourée de multiples rivières, en zone équatoriale couverte de forêts primaires.  Les différences météorologiques entre les saisons ne se font que très peu ressentir et les pluies, tout comme la chaleur, restent relativement constantes.

La MGL, dont le nom « complet » est la Compagnie Minière des Grands Lacs Africains, a été créée le 1er décembre 1923 (statuts approuvés par A. R. du 24 décembre 1924) en Belgique, avec un siège social à Kindu, mais un siège administratif situé au 24, avenue de l’Astronomie à Bruxelles (1).  Cette société est issue de la Compagnie des Chemins de Fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains pour laquelle elle doit rechercher les gisements miniers (étude et exploitation).  Comme l’indique le point 1 des statuts, la recherche s’oriente principalement vers l’or et le diamant, matières premières visiblement non trouvées à Kamituga comme l’a indiqué Jacques Usungo, puisque les exploitations furent de l’or, du wolfram, du béryl, de la cassérite et du coltran.  L’Indépendance congolaise acquise en 1960, il faudra cependant attendre 7 ans pour que le contentieux entre la compagnie et l’Etat congolais se règle, précédant en cela de quelques années la Zaïrianisation de l’économie en 1973 qui fut un désastre économique majeur.

En 1976, une nouvelle société voit le jour, la Société Minière du Kivu, ou Sominki, mais de rapides problèmes d’équipement et de gestion rendront le projet mort-né. La libéralisation des mines en 1983 qui mettait sur un même pied compagnies et n’importe quel « creuseur » amateur n’arrangera guère la situation des installations initiales, mais aussi des alentours de Kamituga.  Et les guerres du milieux des années 90 et les troubles multiples n’ont permis qu’une « reprise » en 2011 par une société canadienne, Banro-Congo, de l’exploitation.

Par delà le portrait économique de la société, l’aspect social de Kamituga évolua complètement avec l’arrivée des Belges.  En 1928, la ville compte 3 camps d’habitations (un pour les fonctionnaires blancs, un autre pour les autochtones diplômés, et un dernier pour les ouvriers), 2 hôpitaux (un pour les blancs et un autre pour les noirs), 1 aérodrome, 1 centrale hydroélectrique, des cantines, des écoles (primaire et secondaire), faisant de Kamituga une ville clairement moderne aux ethnies présentes multiples.  De cet ensemble, les 2 écoles sont devenues des instituts universitaires, les bureaux de la société sont occupés par les militaires et la quasi totalité des installations ont été pillées et abandonnées.

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(photo de « l’or noyé de Kamituga », un film de Yvon Lammens et Colette Braeckman)

Pourtant, le plus gros problème est celui de l’exploitation sauvage des orpailleurs qui creusèrent à partir des anciennes galeries sans toutefois les sécuriser, et les dégats causés à l’environnement par le déboisement et l’utilisation des eaux des rivières créent directement une érosion des sols, le recul de la forêt primaire, mais aussi une infertilité des sols.  Les agressions directes envers le sol, par les creusements divers, ont créé des étangs sauvages où réapparaissent les moustiques et , ainsi, le paludisme.  En un demi-siècle, il y a un recul de l’agriculture, une résurgence du travail des enfants et des maladies liées à la pollution et aux modifications géologiques, mais aussi une pollution sonore des « twangeurs » (terme swahili, littéralement « les pileurs », qui concassent le métal) à longueur de journée

Le pouvoir local actuel, par l’arrivée de la société Banro, espère  »réguler » les problèmes par la relance des activités minières, mais pour cela, il est encore trop tôt pour pouvoir dresser un premier bilan.

Notes :

(1) – Le Conseil d’administration de la société est composé comme suit : président : Emile Francqui; administrateurs : Général baron Empain – baron François Empain, Firmin Van Brée – Maurice Anspach – Roch Boulvin – Constantin de Burlet – baron Adolphe de Cuvelier – Robert Haerens – Eugène Harmant – Maurice Lippens – Georges Theunis; commissaires : Jules Anspach – Colonel Josué Henry, et Colonel Alphonse Van Gèle. In : Le Recueil Financier, 1925 (32e année), tome II, pp 1148-1151.

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